Mésaventures maréchaleresques

Cet article n’a pas pour but de rabaisser le travail des professionnels visés. Il est écrit à titre narratif et informatif pour raconter les mésaventures que j’ai eu avec mon cheval. Les photos sont réelles, ce sont celles du pied de mon cheval et sont là pour illustrer mes propos.

Par où commencer… Au mois d’avril 2016, le maréchal ferrant que j’avais depuis quelques années, est passé pour referrer Quisko. Ma mère a reçu un appel disant qu’il avait découvert une fourmilière dans l’antérieur gauche de mon cheval. Alors là, panique: qu’est-ce qu’une fourmilière? Alors si j’ai un conseil à vous donner, n’allez JAMAIS regarder dans Google Images… Chaque fourmilière est différente selon le cas et le cheval.

Qu’est-ce qu’une fourmilière?

Maladie composé d’une bactérie et d’un champignon qui se logent dans la corne à la suite d’une seime, d’un abcès, d’une fourbure voire même d’un méfait du ferrage (trous des clous). La corne a un aspect de vraie mouillée et sent le moisi. Seul le parage permet de détecter une fourmilière (et un bon maréchal!).

A l’époque, le maréchal avait « gratté » et laissé la corne de Quisko ouverte si je puis dire pour aérer le champignon. A ce moment là, je devais traiter son pied avec un produit antifongique. Je pouvais le monter normalement, sur terrains variés. Il n’a pas fallu longtemps pour que ce petit problème vire au vrai cauchemar…

Oui, la photo n’est pas top, mais on peut apercevoir un « trou » en forme de triangle devant le sabot

Premier déferrage

Arrivée fin du mois d’août, j’attends le maréchal ferrant qui m’avait dit « je passe mardi« . Donc, je l’ai attendu…longtemps… Jusqu’au moment où, à 14 h, ma mère reçoit un message disant qu’il était malade et qu’il passerait lundi. Sauf qu’entre temps, j’ai dû faire enlever son fer parce qu’il ne tenait plus qu’à un clou. Je vous le donne dans le mile, le pied en question: l’antérieur gauche. Donc, je ne pouvais pas monter Quisko puisqu’il était déséquilibré.

Du coup, me revoilà à attendre la venue de mon maréchal. Quand il est enfin passé, il a vu l’état des pieds de mon cheval et m’a annoncé qu’il ne pourrait pas remettre des fers car ses pieds étaient trop petits et que je devais faire une cure de biotine (en écrivant que ses pieds étaient trop petits, je rigole bien… vous comprendrez très vite pourquoi…). J’ai été « tranquille » pendant quelque mois, jusqu’au referrage.

 

 

 

Referrage

Au mois d’octobre il me semble, on a enfin pu faire referrer les antérieurs mais il m’a encore fallu attendre plus ou moins deux mois avant de pouvoir referrer les postérieurs. Les pieds de mon cheval ne poussant soit disant pas assez vite et pas à la même vitesse. J’avais interdiction déjà depuis quelques années de mettre de la graisse sur les sabots de mon cheval, mais je devais privilégier l’huile, dont l’huile d’olive, que je devais appliquer tous les jours. Et à partir de sa nouvelle ferrure des 4 pieds (et même avant si je me souviens bien), j’avais pour ordre de ne plus lâcher ou longer Quisko dans le manège conçu pour ça, sous prétexte que le sable n’était pas d’assez bonne qualité. Tête de mule que je suis, je n’ai pas écouter mon maréchal ferrant. Grave ou pas?

11 juin 2017: envoi du premier message

Après une séance de travail, j’ai découvert que l’antérieur gauche (oui oui, toujours le même) commençait à se fendre au niveau du pinçon. J’ai donc pris une photo et je l’ai envoyé à mon maréchal ferrant, lui demandant que faire et s’il pouvait passer le voir. Il m’a fallu attendre le jour de son passage (le 21 juin) pour avoir une réponse, qui plus est, je n’ai été prévenue de son arrivée que 15 minutes avant, c’est-à-dire à 8 h du matin. Heureusement que je ne travaille pas… Donc, me voilà au volant de ma voiture, direction les écuries, à peine levée, l’estomac vide et seule, puisque ma mère avait un rendez-vous ce matin-là.

 

 

 

21 juin 2017: le calvaire

En lui amenant Quisko, je lui ai dit « Ecoute, je suis prête à tout entendre », si j’avais su, je n’aurais rien dit. En déferrant et en parant les pieds de mon cheval, il a découvert une fourmilière dans l’antérieur gauche (le même que la première fois, maudite vous dites?). A partir de là, je me suis sentie plus seule que jamais. Il jurait que ça n’était pas des critiques mais ça sonnait exactement comme des reproches. Pour résumer un petit peu, je devais partir des écuries où se trouve mon cheval parce que c’était sale, mal entretenu, les chevaux étaient sur de la merde, etc, que j’aurais dû faire attention à mon cheval parce qu’il avait les pieds pourris, que je devais les soigner mieux que ça… Bref, je ne m’occupais pas assez bien de mon cheval. Après avoir eu le produit et la biotine, après avoir « nettoyé » le pied de mon cheval, le maréchal est reparti. Dépitée, je suis rentrée chez moi, en pleure… est-ce que je suis une si mauvaise propriétaire que ça? Tout s’est bousculé dans ma tête, est-ce que je devais partir? Vendre mon cheval? Après discussion avec ma mère, le maréchal et le propriétaire des écuries, on a décidé de nettoyer le box de Quisko entièrement et d’enlever l’humidité au maximum (l’écurie où je suis, les box sont nettoyés tous les jours). A ce moment-là, j’avais pour ordre de ne faire QUE du macadam: je ne pouvais ni aller dans le manège, la carrière, ni même mettre mon cheval en pâture. Autant vous dire, j’ai eu de la chance dans mon malheur que ça soit arrivé en été. Quand ma mère avait discuté avec le maréchal, il avait dit qu’il repasserait fin juillet pour contrôler…

La décision

Arrivée fin juillet, je me disais « bon, j’espère qu’il ne va pas trop tarder à passer, j’aimerais savoir pourquoi mon cheval s’est mis à boiter subitement ». Début août, pas de nouvelles alors qu’on avait déjà envoyé un ou deux messages… Sachant que je partais bientôt en vacances, ma mère allait devoir se débrouiller toute seule pour relancer le maréchal. Pendant mon séjour, la boiterie de Quisko s’était légèrement atténuée mais il restait quand même très hésitant. N’ayant eu qu’un message de mon maréchal seulement le jour de mon retour (le 11 août) me disant « Je passe la semaine prochaine »

Petite question pour vous: si le message a été envoyé le vendredi 11 août, vous comprenez qu’il passe la semaine du 14 au 18 août ou la semaine suivante?

J’ai attendu jusqu’au 17 août. A partir de ce jour-là, j’ai pris la décision de chercher un autre maréchal ferrant. En mettant une annonce sur Facebook, une copine m’a passé les coordonnées de son maréchal; j’ai décidé de le contacter en lui expliquant.

Le bout du tunnel

Le samedi 19 août, il est venu voir Quisko, le début du « chantier » a pu commencer:

  • antérieur gauche: fourmilière non guérie, radio à faire pour déterminer jusqu’où elle va; sole trop court, ce qui explique la boiterie
  • les pieds ne sont pas coupés pareils ET les postérieurs sont ferrés avec des fers tailles…………..poneys!

Autant vous dire que j’étais coincée entre la colère contre mon ancien maréchal qui travaillait limite comme un branquignole et la colère contre moi qui n’ait pas su voir tout ça. On a su me rassurer et me dire que je n’étais en aucun cas responsable de tout ça…

J’ai essayé de faire au mieux, le trait rouge représente la fourmilière.

Lundi 21 août: venue du vétérinaire pour la radio de son antérieur. Je vous jure que ce mec-là… il est complètement fou… Selon lui, il aurait fallu plâtrer le pied, l’endormir pour pouvoir couper parce que c’était jusqu’à l’os, laisser le cheval au box pendant 3 mois et j’en passe. Après ça, j’ai prévenu mon maréchal pour lui dire que j’avais les radios.

Mardi 22 août: après avoir déchiffré la radio, le maréchal a commencé à casser le sabot de mon cheval. Autant vous dire que je n’étais pas sereine, mon gros poney n’avait plus que 2/3 de son sabot.

 

 

Une dizaine de pansement plus tard

Après avoir changé son pansement tous les 2 – 3 jours, son pansement en remettant du produit, sa fourmilière a totalement guéri. Il ne reste plus qu’à attendre que son pied repousse et c’est en bonne voie. Deux semaines après la venue du maréchal, j’ai pu remonter Quisko car il ne boitait plus grâce à la plaque qu’il y avait en-dessous de son pied.

Du 22 août au 3 octobre

Et ton autre maréchal?

Lorsque j’ai fait appel à mon maréchal actuel, j’ai eu l’immense honneur d’avoir un message de sa part me disant qu’il passerait le 23 août. Autant vous dire que ça m’a bien fait rire: nous lui avons dit que vu que Quisko avait besoin d’être referré, nous avions fait appel à quelqu’un d’autre.

Et aujourd’hui?

Le pied de Quisko repousse bien, ses postérieurs restent fragiles et cassent pour la simple et bonne raison que vu qu’il était ferré toutes les 6 à 7 semaines ET ferré trop court, ils n’ont plus l’habitude de pousser autant. Mais ils vont très vite pousser à nouveau normalement.

Pour conclure…

Faire confiance à un professionnel est normal, mais il arrive un moment où si ce dernier vous mène un peu en bateau, il est grand temps d’en changer. Un deuxième avis est toujours bon à être demandé et à prendre. Dans mon cas, j’ai compris que je n’étais pas responsable de tout cela. Depuis que mon maréchal actuel s’est occupé de Quisko, il n’a plus mal au pied et est beaucoup mieux dans sa tête. Je peux à nouveau le monter normalement, et même en mieux, puisque j’ai testé le hackamore et il est top. J’en reparlerai certainement dans un autre article.

3 commentaires sur “Mésaventures maréchaleresques

  1. je connais que trop bien … le Gros boiteux lui qui n’a jamais boité… pieds bien trop longs ! comment j’ai pu ne pas voir ! quand je vois les photos de cette époque avec ses pieds palmés je me dis, mais mince comment je pouvais ne pas voir que je passais un pot de graisse sur chaque pied tant il y avait de la corne ??? le maréchal est repassé pour couper plus court, cheval de nouveau boiteux … trop court ? non juste mal rapé et il y avait une petite pointe sous le fer qui faisait un point de compression …
    nouveau maréchal qui m’a accompagné dans le passage pieds nus du Gros, plus de soucis nouvelle vie !

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